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Amadou Soumahoro face aux militants de base du RDR: Yopougon critique, propose et rassure

Amadou Soumahoro face aux militants de base du RDR: Yopougon critique, propose et rassure source: Le Patriote

 

Il est 10 heures 12 minutes, ce mardi, l’équipe de reportage de votre quotidien préféré, Le Patriote, est aux portes du siège local du Rassemblement des républicains, (RDR) dans la grande commune de Yopougon, sis au quartier Wassakara. 

. La cour grouille de monde. En effet, heureux de recevoir le journal dans le cadre de la rubrique ‘’causerie-débat avec la base du RDR’’, les animateurs locaux du parti logé à la rue Lepic, avec à leur tête le secrétaire départemental, Ouattara Imbassou, alias Abass, ont pris d’assaut  la maison de leur parti pour échanger en toute franchise avec les journalistes. En voiture ou à pieds, les responsables du RJR, du RFR, du RER, des amazones, de la commission technique électorale, les commissaires politiques, les secrétaires de section, les présidents de comité de base et les militants se sont massivement déplacés pour faire  le plein de la salle de réunion. Quel est l’état des lieux en ce qui concerne la vie du RDR dans la plus grande commune de Côte d’Ivoire ? Quelle est la perception des militants sur la marche de leur parti après la prise du pouvoir d’Etat ? Quelles sont les préoccupations et les propositions de la base? Qu’est-ce qui est fait pour la remobilisation des troupes en perspective aux échéances électorales de 2015 ? Les échanges ont été  empreints de vérités et les militants ont surtout parlé avec le cœur. S’ils ont été tous d’accord sur le fait que  le conseil départemental à Yopougon  continue de maintenir la flamme militante à travers le contact permanent avec sa base, au plan national, des dysfonctionnents,  selon eux, grippent la  dynamique du parti et favorisent surtout la démobilisation générale des militants, constatée ces derniers temps.

La voix de la jeunesse et des élus

 Le décor planté Ouattara Drissa, président des jeunes, a ouvert le bal  des griefs. «Nous savons tous que depuis sa création, le RDR a des militants engagés, déterminés, disciplinés et mobilisés, qui n’hésitent pas à aller au combat. Mais pourquoi constate-t-on aujourd’hui une grogne dans les bases? Je pense que le problème est au niveau de la direction du parti. Car, depuis la prise du pouvoir, elle ne se réunit plus. Il y a bien longtemps qu’on a assisté à une réunion du bureau politique. Il n’y a plus de tournées de mobilisation et d’explication des actions du chef de l’Etat. On ne sait plus qui sont ceux qui composent cette direction du parti. Les secrétariats nationaux sont presqu’inexistants. Il y a un immobilisme au sommet et une restructuration s’impose pour que les militants se retrouvent dans cette organisation qui a fait notre force d’antan», a-t-il estimé. Avant de décrier un manque de suivi des militants après la victoire à l’élection présidentielle. Pour  lui, la démobilisation des militants tourne autour de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et des femmes qui sont allés au charbon pendant les moments de lutte. «Pour moi, la direction ne fait rien pour l’insertion des jeunes qui font pourtant la force du parti. C’est un facteur de démobilisation. Le président de la République ne peut pas tous  faire. C’est à la direction d’établir un plan qui permettra à la jeunesse d’accéder à l’emploi. Nous ne comprenons pas qu’après une telle lutte, on nous parle des critères d’âge pour tel ou tel emploi. Des gens ont sacrifié leur jeunesse. Aujourd’hui, quand ils montent des projets pour bénéficier de financements, on leur parle d’une limitation d’âge. Ce sont des choses à corriger», a-t-il recommandé. Le député Doumbia Yaya lui a emboité le pas en  dénonçant  le manque de lisibilité concernant les actions de la direction intérimaire du parti. Selon lui, tout doit être mis en œuvre afin de permettre au parti logé à la Rue Lepic  de mieux fonctionner et surtout de mieux préparer les batailles futures. «Le RDR de Yopougon est aujourd’hui la structure la mieux organisée du parti. C’est pour cela qu’aujourd’hui, les gens veulent notre chef, le ministre Koné Kafana Gilbert pour diriger le parti. Mais, il faut qu’on commence d’abord à prendre au sérieux la commune de Yopougon. Car, depuis 3 ans que nous sommes au pouvoir, ici à Yopougon, il n’y a pas eu de promotion des cadres. Notre guide Kafana a même été sorti du gouvernement. Je propose qu’il ait une cellule d’emploi pour faciliter les choses aux militants», a-t-il souhaité.

Le cri de cœur des femmes et des enseignants

Adja Touré Mariam, présidente des femmes, Diomandé Mariame, présidente des amazones et Ouattara Drissa, président du RER, ont porté la voix des femmes et des enseignants. En effet, les femmes ont estimé qu’elles sont délaissées, surtout dans la distribution des fonds de la Première dame, Dominique Ouattara. «Les femmes sont aujourd’hui démobilisées. Nous avons beaucoup fait pour le patri. Aujourd’hui, nous demandons des financements de nos activités. Mais nous ne bénéficions pas des prêts mis à la disposition des femmes par la Première dame. La COOPEC trie les femmes. Et ce sont celles  qui nous insultaient hier qui bénéficient des prêts. Nous ne comprenons pas cela. Il faut faire quelque chose», a regretté Adja Touré Mariam. Quand Diomandé Mariam a plaidé pour la prise en compte des amazones, ces jeunes filles qui ont lutté, dans les projets d’insertion. Pour le président du RER, sa structure au plan national souffre d’un déficit d’organisation. «Nous n’avons pas de président national. Or tout le monde sait la part du RER dans le combat. Nous avons formé les militants, ce qui a permis de réduire de manière considérable le taux de bulletins nuls aux différentes élections. Aujourd’hui, beaucoup de nos membres ont été renvoyés des écoles privées pour leur militantisme. Nous frappons aux portes afin qu’on puisse les aider. Mais nous ne trouvons pas d’oreilles attentives. Ce n’est pas bon», a-t-il chargé.

Le départemental rassure

A l’issue des échanges, le premier responsable du parti à Yopougon a pris la parole pour demander aux militants de garder espoirs malgré leurs récriminations. Selon lui, les responsables du parti sont conscients de la situation et quelque chose va être fait. «Les responsables du parti comprennent que les attentes sont grandes. Et l’espoir placé au pouvoir du Président Ouattara est également grand. Nous disons aux militants d’avoir foi à l’espérance du combat, de ne pas baisser les bras, de savoir que le Président Alassane Ouattara pense effectivement à tout le monde, mais qu’il a des priorités dans la gouvernance du pays. Je lance un appel à tous nos militants qui sont émoussés de se revigorer, de savoir qu’ils n’ont pas le droit d’abandonner le combat parce qu’aujourd’hui, nous sommes aux affaires. Cela doit être une autre raison d’espérer pour que demain soit un autre jour pour chacun de nous. Je suis persuadé que cet appel sera entendu ici à Yopougon. Je suis certain que nous relèverons d’autres défis pour que la RDR soit la plus importante force politique dans notre commune», a-t-il rassuré.          

Lacina Ouattara

 

 

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