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Audience de confirmation des charges contre Gbagbo: Ouragahio et Mama retiennent leur souffle, ce que redoutent des habitants.

Audience de confirmation des charges contre Gbagbo: Ouragahio et Mama retiennent leur souffle, ce que redoutent des habitants. source: Soir info

 

Dans l’affaire qui oppose le parquet près la Cour pénale internationale (Cpi) et l’ex –chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, nous avons recueilli les avis et autres sentiments des populations de Ouragahio et Mama, village natal de l'ancien président ivoirien.

A quelques heures de  l’ouverture de l’audience de confirmation des charges contre Gbagbo, tous retiennent leur souffle. A Ouragahio ce lundi matin, 18 Février 2012, dans  un bistrot non loin du marché, la conversation entre Salif et Bodoua s’anime. Les  deux jeunes gens parlent politique sur un ton amical ponctué parfois de railleries.

Quand Salif fait  remarquer à Bodoua que c’est aujourd’hui que Gbagbo sera condamné par la Cpi, ce dernier s’étonne et fait plutôt comprendre à  son ami qu’il s’agit pour les juges de voir si  l’ancien député de Ouragahio mérite d’être poursuivi.« Les Blancs sont malins. Ils veulent que Gbagbo dure en prison, sinon pourquoi c’est maintenant on cherche à savoir s’il doit être jugé.De toutes les façons il sera condamné parce qu’on lui reproche trop de choses » estime Salif. Son point de vue est contesté par  Bodoua pour qui le fait de poursuivre Gbagbo répond  à des raisons politiques. « Gbagbo n’a rien fait. Ils n’ont pas de preuves contre lui. Mais ils ont peur de le libérer parce qu’ils pensent qu’il va  revenir au pouvoir », se désole-t-il….

De fait l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, même  s’il ne fait pas forcément l’objet de conversation dans bien de milieux à Ouragahio, est très attendue. Il suffit d‘aborder  le sujet pour que l’on s’en rende compte.Chose remarquable c’est que tous ceux que nous avons interrogés savent bien que l’audience s’ouvre aujourd’hui. « Nous prions pour que les choses se passent bien pour Gbagbo. Mais je ne cache pas le fait  que je suis très inquiet. On croise les doigts », indique Dago César, ébéniste.

Boka Ayaou est institutrice et ne suivra pas l’audience, occupée qu’elle sera avec ses élèves. « Pour moi, la vraie réconciliation en Côte d’Ivoire dépend de la libération de Gbagbo. Et on souhaite tous qu’il soit libéré » formule-t-elle, avec un brin d’espoir. Massandjé Koné, vendeuse de fruits, au marché a une crainte qu’elle a bien voulu nous exposer. « Je ne souhaite pas qu’il arrive quoi que ce soit, mais si Gbagbo est libéré ou condamné à être jugé, il y en a qui seront heureux dans un ou l’autre cas. Alors moi j’ai peur que cela ne crée des affrontements entre les heureux et les mécontents », a-t-elle dit, anxieuse. Ses propos sont soutenus par une de ses clientes, Rokia Konaté, qui  a assisté à notre échange. « Vous voyez, ça été le cas quand les Eléphants ont perdu à la Can. Les choses ont failli dégénérer entre ceux qui souhaitaient la défaite et ceux qui priaient pour la victoire du onze national » a-t-elle rappelé. Cette crainte, beaucoup la partage à Ouragahio. Juste à quelques kilomètres de cette localité, il fait beau temps à Mama, le village qui a vu naître, un jour de mai 1945, Laurent Gbagbo. Les habitants vaquaient tranquillement à leurs occupations, et pour l’évènement de jour, on préfère ne pas entretenir le doute.

Pour Ouraga Dalo, planteur, ce  temps si clément traduit tout l’espoir pour eux, qu’un jour « notre filsreviendra ». A la petite gare du village Gnahoré Eunock, marchand de bois qui attend un véhicule pour Bayota qui s’est prêté à nos questions, plaide pour que Gbagbo  soit jugé sur la base du droit et que les juges tiennent compte du fait que maintenir Gbagbo à la Haye créerait plus de problèmes qu’il n’en  résoudra en Côte d’Ivoire ».

Marguerite Dally est paysanne à Zahibohio. Elle dit être venue  voir sa sœur mariée à Mama pour suivre l’audience à la télé. « On  ne fait queprier » nous répond la jeune dame avant de s’en aller, le visage presque sans expression. Dans presque toutes les familles, on retient son souffle et l’ouverture de l’audience est vivement attendue. Selon un jeune du village qui a requis l’anonymat, beaucoup de villageois reviendront tôt des champs pour suivre l’audience

Alain BOUABRE

 Envoyé spécial

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