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Le "modus operandi" du GPP scruté à la loupe

Le "modus operandi" du GPP scruté à la loupe ivoirejustice.net

 

Metche Metchro Moise Harold Fabrice a continué à répondre aux questions de l'accusation à la Cour pénale internationale. Au fil d'un interrogatoire qui est apparu un peu décousu, plusieurs thèmes et périodes ont été abordés, des renseignements obtenus par le Groupement des patriotes pour la paix aux agoras et parlements en passant par des missions effectuées dans l'intérieur du pays en 2003 et 2004.

 

« Poser les bases » avant d'en venir au sujet de la crise postélectorale. C'est cette stratégie qui a été appliquée par le bureau de la procureure qui interrogeait le témoin ce mercredi 19 octobre. Tout comme la veille, les questions ont porté sur divers thèmes, sans suivre d'ordre chronologique. De quoi perdre le fil des débats, selon les équipes de défense de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Celles-ci ont réclamé à plusieurs reprises des clarifications sur les périodes auxquelles l'accusation et le témoin faisaient référence.

Il a tout d'abord été questions des techniques de renseignement utilisées par le Groupement des patriotes pour la paix (GPP), groupe paramilitaire formé en 2002 et auquel le témoin appartenait. Metche Metchro Moise Harold Fabrice a expliqué qu'une compagnie interne au GPP avait été créée par lui-même en 2007 à Treichville dans ce but. Objectif : approcher de « jeunes nordistes » pour récolter des informations sur la rébellion et ses zones d'infiltration. Selon le témoin, ces renseignements étaient ensuite transmis aux services nationaux : « Je travaillais avec le directeur du renseignement militaire, Poheri Julien », a précisé Monsieur Metche Metchro Moise Harold Fabrice. « On collaborait avec les Forces de défense de sécurité », a-t-il encore expliqué, précisant que le GPP avait l'avantage d'avoir « accès à certains milieux ».

GPP, Yopogon... Fesci. Un lien ?

Le témoin assure qu'il connaît plusieurs présidents et orateurs de ces groupes, notamment Jean-Marie Konin, rencontré à la frontière avec le Ghana suite à son exil, le dénommé Steve Biko, rencontré dans un camp de réfugiés au Togo ou encore Maguy le Tocard. Ce dernier occupait également la fonction de commandant du GPP à Youpougon. Dans ce cadre, il avait d'ailleurs formé des membres de la Fesci au maniement des armes dès octobre 2010 en vue de leur intégration dans les différents bataillons des FDS.

Dans cette même commune, après le second tour de l'élection présidentielle, l'heure n'était plus à la discrétion pour le GPP, selon les affirmations du témoin. Outre les formations militaires qui se déroulaient « à la vue de tous », les éléments du groupe paramilitaire organisaient régulièrement des « footing d'intimidation ». Armées de Kalashnikovs, au rythme de chants guerriers et encadrées par les FDS, les unités partaient arpenter la commune, s'attardant tout particulièrement dans les quartiers perçus comme favorables à Alassane Ouattara. Aux différents carrefours, les paramilitaires procédaient ensuite à des tirs de sommation. Un objectif très clair : « dire qu'on était opérationnels et qu'ils n'avaient qu'à bien se tenir », affirme le témoin.

La dernière partie de l'audience du jour a été consacrée aux opérations menées par le GPP dans l'intérieur du pays en 2003 et 2004. Le témoin a notamment expliqué avoir été envoyé à Sapia en 2004, pour soutenir les FDS dans le cadre de « l'opération dignité ». Une opération qui visait à « rendre sa souveraineté à la Côte d'Ivoire », en venant à bout de la rébellion. Interrompu par le président de la Chambre qui cherchait à connaître le lien avec les charges retenues contre les accusés, le représentant de la procureure, Alexis Demirdjian s'est justifié. Il a expliqué que ces détails étaient essentiels pour connaître « le modus operandi » du GPP et son activité lors de la crise postélectorale. Un thème qui devrait être abordé dès demain.

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Le bureau de la procureure a ensuite voulu en savoir plus sur une autre unité au sein du GPP citée plus tôt par le témoin : la Légion ivoirienne de sécurité. Créée en décembre 2010 sur ordre d'Alain Dogou, alors ministre de la Défense, elle était constituée d'une cinquantaine d'éléments, choisis pour « leur intégrité et leur engagement » en faveur du FPI. Cette unité avait vocation à être intégrée aux FDS, ce qui, d'après le témoin, fut le cas. Certains de ces éléments ont été envoyés à la Compagnie républicaine de sécurité au mois de février, d'autres ont rejoint la résidence et le palais présidentiel.

Les questions ont ensuite portées sur les mouvements de la jeunesse en général et leur financement. Tout comme le GPP, « créé par les autorités ivoiriennes », ces groupes bénéficiaient de subventions fournies par des personnalités politiques proches du pouvoir. « Ces mouvements patriotiques étaient à la charge de Charles Blé Goudé», assure le témoin. Même chose pour les agoras et parlements, ces assemblées formées par des jeunes pour véhiculer les idées et messages politiques du Front populaire ivoirien (FPI).

Par Camille Dubruelh

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