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Culture de la laitue : Gagner plus de 4 millions de FCFA en 50 jours

Culture de la laitue : Gagner plus de 4 millions de FCFA en 50 jours educarriere.ci

 

Plus connue sous l'appellation de salade, la laitue est, comme beaucoup de légumes, bien entrée dans les habitudes gastronomiques ivoiriennes. Facile à cultiver, elle est une source de création de richesse à ne pas négliger.

 

On distingue au moins quatre types de laitue en Côte d’Ivoire: la laitue batavia, la laitue batavia Eden, la blonde de Yamoussoukro et la blonde de Paris. La culture de la laitue peut se faire avant ou après toutes cultures maraîchères ou céréalières. Les meilleurs comportements sont toujours observés sur les parcelles où la laitue revient le moins souvent possible.

Le Travail du sol

En principe, tous les sols, en Côte d’Ivoire, sont favorables à la culture de la laitue. Mais il est impératif de passer outre les sols trop sensibles à la sécheresse. Il faut donc qu’ils soient humifères (humides). Les meilleurs résultats sont obtenus en sol limoneux et sablo-limoneux léger et humide. La préparation du sol se fait de préférence avant la saison pluvieuse c’est-à-dire autour des mois d’avril et de mai, juste avant la plantation. Cela permettra au plant de bien s’enraciner avant les pluies qui peuvent s’avérer dévastatrices, si cela n’est pas fait. En revanche un enracinement réussi combiné aux pluies pourra contribuer à une meilleure reprise et croissance de la salade. Le sol doit être suffisamment travaillé pour réduire à néant les zones d’induration. Cela peut se faire à travers un labour croisé de 22 à 25 cm de profondeur. Le labour peut être mécanisé (roto bêche puis rotavator ou herse selon le terrain.) ou à l’aide d’outils traditionnels selon les moyens du planteur. Comme engrais de fonds, on peut utiliser l’engrais vital plus granulé à raison de 8 sacs de 25 kg. Le sol de la laitue est demandeur d’azote et apprécie beaucoup le fumier.

Pépinière et installation de la culture

La culture de la laitue nécessite la mise en place d’une pépinière qui est l’étape de fabrication des plants. Le semis à réaliser à cet effet, se fait directement en mottes pressées avec des graines de préférence enrobées (semis plus facile et meilleure capacité germinative). La température optimale de germination se situe entre 15-20°C. La durée de pépinière se situe entre 18 et 20 jours. Il faut noter que lorsque les températures sont trop élevées, les semences peuvent subir une dormance, donc il convient de les protéger jusqu’à l’émergence de la radicule en ombrant par exemple la pépinière. La plantation se fait en planches de 1,20 m à raison de 14 plants par m², mais en plein champ il est vivement recommandé 11 plants par m² soit un écartement entre rang de 30 cm et une distance sur rang de 25 à 30 cm. On obtiendra 110 000 plants sur un ha. La pratique courante en Côte d’Ivoire consiste à faire des buttes de 2 m sur 0,5 m. Planter les mini-mottes à la main et en quinconce, puis les recouvrir légèrement de terre.Arroser régulièrement jusqu’à la reprise du plant. Planter 1500 à 2000 salades par semaine pour étaler la production. Notons que le stade de développement du plant à la mise en place se situe à la 4ème feuille naissante.

Entretien et protection phytosanitaire

Pour pousser dans les meilleures conditions, la laitue a besoin d’un apport conséquent en engrais. On peut utiliser 1 litre d’engrais liquide vital plus pour un ha de culture. Au nombre des activités d’entretien de la plantation figure le paillage et l’irrigation. Le paillage permet de maitriser l’enherbement et de limiter les problèmes hytosanitaires. Le paillage biodégradable (1,40m de large), recouvert sur les côtés et posé à l’aide d’une pailleuse, est recommandé. La culture de la salade nécessite beaucoup d’apport en eau, c’est pourquoi, si l’on a les moyens, il est indispensable de disposer d’un système d’irrigation bout en bout. L’installation du système d’arrosage grâce à un tuyau muni d’un arroseur par aspersion est placée tous les 1,50m. La surface d’arrosage ainsi couverte est de 3 m de chaque côté. C’est un dispositif qui coûte cher car il faut compter au moins 1,5 million de F. Cependant le planteur peut se contenter d’arroser régulièrement son champ à l’aide d’arrosoirs et d’un personnel performant. Par ailleurs le sarclo-binage est aussi recommandé.

Les ennemis de la laitue sont les insectes (pucerons, chenilles, Thrips, les chrysomeles, etc) et les maladies (mildiou, sclerotinia, cercosporiose, etc). En fonction des niveaux d’attaques ou de maladies, il faut procéder à des traitements insecticide et fongicide. Alterner le cypercal ou cypalm, le légumax ou décis et le Karaté à la dose de 1 litre pour un hectare (entre 12 000 et 20 000 F). Les fongicides qu’on peut utiliser sont le Banko plus liquide (16 000 le litre/ha), l’Ivory et le Maneb (9 000 F le kg). L’Etape de la pommaison dépend de la durée des jours, du degré d’éclairage et de la température. Lorsque les conditions optimales sont réunies, elle peut intervenir très rapidement (quelques jours après la plantation). 45 jours après la pommaison, on obtient de belles salades (laitues).

Récolte et commercialisation

La récolte se fait manuellement. Dans la quasi-totalité des cas, elle a lieu après 50 jours de culture. Le rendement moyen se situe entre 40 000 et 100 000 « têtes »/ha maximum. Au moment de la récolte, il faut disposer les pommes dans des caisses en bois ou cartons en évitant de les gratter ou de les salir. Par mesure de prudence, placer dans les caisses une couche de plastique. Les poids moyens des « têtes » récoltés varient de 200 à 1000 g. Les laitues batavia sont les plus volumineuses.

Sur les différents lieux de vente, le marché de gros d’Adjamé notamment, les prix varient selon la grosseur. Les plus grosses sont vendues 100 F l’unité, les moyennes sont vendues par lot de trois à 200 F (environ 65 f l’unité) et les plus petites par lot de 3 à 100 F. Ainsi donc, lorsqu’on considère une moyenne de 70 000 têtes comme rendement à l’hectare, on obtient une recette de 4 550 000 F pour les laitues de forme moyenne. Les plus grosses comme la variété Batavia, peuvent rapporter même à son planteur, pour la même quantité, un gain de 7 millions Fcfa. De quoi stimuler la culture de cette plante, pour laquelle la demande n’arrête pas de croître, selon les informations recueillies sur les différents marchés de produits vivriers.

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