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Editorial: encore plus d’efforts-Venance Konan

Editorial: encore plus d’efforts-Venance Konan fratmat.info

 

Une année s’achève ce jour, une autre commence demain. C’est le cycle du temps. Que retenir de celle qui vient de s’écouler ? La Côte d’Ivoire a poursuivi sa reconstruction, avec de nouvelles routes, de nouveaux ponts, de nouveaux ouvrages, et une croissance économique toujours forte.

 

Beaucoup d’entreprises internationales, telles que Carrefour, la Fnac ou de grandes chaînes hôtelières se sont installées chez nous, preuve d’une confiance retrouvée en notre pays.
Sur le plan économique, nous ne pouvons égrener ici tout ce qui a été réalisé, mais nous avons vraiment de quoi être fiers. Nous avons aussi connu l’élection présidentielle la plus apaisée de notre histoire démocratique. Mais je sais que l’on me rétorquera qu’il y a un domaine dans lequel le Président Ouattara n’a pas beaucoup brillé: la réconciliation.

Il y a quelques jours, une chroniqueuse de Radio France internationale a comparé les processus de réconciliation en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire. Elle a insinué que si l’Afrique du Sud avait réussi la sienne, on ne pouvait en dire autant de notre pays. Je ne sais toujours pas à quelle aune l’on évalue le niveau de réussite d’une réconciliation, mais je suis au regret de contredire cette journaliste en lui rappelant que si dans le pays de Nelson Mandela, Blancs et Noirs ne se sont pas entretués, il n’en fut pas de même entre Noirs.

La guerre entre Zoulous et Xhosas, au moment où le pouvoir passait aux mains des Noirs, a coûté la vie à des milliers de personnes. Aujourd’hui, Blancs et Noirs continuent de se détester et vivent, non pas ensemble, mais les uns à côté des autres. Des analystes n’excluent pas de voir des affrontements raciaux surgir un de ces jours. N’y a-t-on pas assisté, ces dernières années, ces derniers mois, à des affrontements meurtriers entre Sud-Africains noirs et autres Africains ? Que dire lorsque les Blancs sont agressés quand ils mettent les pieds dans certains quartiers ou lorsque des policiers tirent à balles réelles sur des mineurs qui manifestent les mains nues ? Qu’en est-il de notre processus à nous ? Dans quelle partie de notre pays des communautés sont sur le point de s’entretuer ou l’ont fait depuis l’avènement du pouvoir actuel ?

Certes, de temps à autre, des affrontements opposent des personnes de différentes ethnies, au cours desquels l’on déplore parfois des morts, mais l’on ne peut, pour autant, parler d’affrontements interethniques. De plus, cela a toujours été le cas, bien avant l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara et la survenue de la crise post-électorale. Il en sera ainsi tant que les êtres humains vivront les uns à côté des autres. De quoi parle-t-on donc lorsque l’on évoque une réconciliation ratée ? Pour les partisans les plus farouches de Laurent Gbagbo, il n’y aura de réconciliation vraie que le jour où ce dernier aura été libéré de prison, qu’il sera revenu dans son pays et qu’Alassane Ouattara aura quitté le pouvoir en reconnaissant que c’est bien Laurent Gbagbo qui avait gagné l’élection de 2010.

En attendant ce jour, il ne faut surtout pas toucher à un seul cheveu de quiconque estime que ce pouvoir est illégitime et tente de ce fait de le renverser. Dans leur entendement, il est tout à fait légitime de renverser un pouvoir qu’ils jugent illégitime. Alors, quelle réconciliation veulent ces gens-là ? En tout état de cause, le pouvoir a fait, durant cette année finissante, tout ce qui lui était possible de faire, pour renforcer la cohésion sociale, en libérant notamment, à la veille des fêtes de fin d’année, ceux des partisans de l’ancien Président qui pouvaient l’être. Notons aussi qu’alors que les années précédentes, le Front populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo avait boycotté les scrutins, une composante de ce parti a participé en 2015 à l’élection présidentielle.

Cela veut dire qu’une partie des partisans de Laurent Gbagbo a choisi de revenir dans la République et de participer à sa vie politique. C’est aussi cela la réconciliation. Celle-ci se réalise également avec le temps qui est le meilleur remède pour cicatriser les plaies. Il reste la frange des « Gbagbo ou rien », qui se tient toujours à l’écart ; mais ne désespérons pas de les voir revenir, à leur tour, dans la République en 2016.

Cependant, si nous avons de bonnes raisons d’être satisfaits du chemin parcouru en 2015, nous ne devons pas occulter tout ce qui nous reste à faire en 2016. Il existe encore de grandes poches de pauvreté dans notre pays et beaucoup d’imperfections. Nombreux sont encore ceux de nos compatriotes qui n’ont pas d’emplois ou souffrent de divers maux. Ayons une pensée pour eux, mais surtout, redoublons d’efforts en cette nouvelle année 2016 pour que le maximum d’Ivoiriens profitent de la croissance que connaît notre pays.

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne fête et une excellente nouvelle année.

Venance Konan

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