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Le débrief: Le ''moment'', c’est ''maintenant'' ?

Le débrief: Le ''moment'', c’est ''maintenant'' ? fratmat.info

 

Dès vendredi, le Président français n’a pu s’empêcher d’apporter la réplique. « Je suis au service des plus pauvres, c'est ma raison d'être… Je n'accepterai jamais que puisse être mis en cause ce qui est l'engagement de toute ma vie », a-t-il déclaré.

 

C’est son « moment ». Tout le monde ne parle que d’elle, depuis jeudi. Si Valérie Trierweiler cherchait à ne pas passer inaperçue avec la sortie de son ouvrage, alors, c’est réussi. En plein dans le mille ! Puisque la cible visée par ce livre intitulé « Merci pour ce moment », a dû s’expliquer. Très tôt !

Dès vendredi, le Président français n’a pu s’empêcher d’apporter la réplique. « Je suis au service des plus pauvres, c'est ma raison d'être… Je n'accepterai jamais que puisse être mis en cause ce qui est l'engagement de toute ma vie », a-t-il déclaré. Réagissant à un passage où son ex-compagne affirme: « en réalité, le président n’aime pas les pauvres, au point de les appeler ''les sans-dents'' ». La réaction rapide de François Hollande peut être vue comme une sortie pour couper court à la polémique. Surtout quand il ajoute: « la fonction présidentielle doit être respectée ».

Peine perdue, pourrait-on dire ! Le livre de 316 pages est prolixe en affirmations sur lesquelles on ne finira pas de polémiquer. En tous cas, pas maintenant ! En témoignent quelques morceaux relevés chez un confrère français. Valérie écrit: « depuis le début…, François me place en état d’insécurité permanente par ses mensonges, ses mystères, ses cachotteries »(page 151). L’ex-Première Dame qualifie même le Président de « roi du double discours, de l’ambiguïté et du mensonge permanent » (p.198). Avant de se faire une conviction: « c’est un politique, capable de mener deux ou trois vies parallèles, d’agir sur tous les fronts à la fois » (p.204).

On aura aussi compris, l’affaire Julie Gayet, du nom de l’actrice avec qui le Président entretiendrait une relation, y passe. Cette affaire qui fait la Une des journaux et magazines depuis le début de l’année passe tellement clairement dans le livre que l’auteur ne se prive pas de raconter une scène de ménage aussi intime que banal. Suivez plutôt ce dialogue :
- « Alors? »
- « Alors, c’est vrai, répond-il ».
- « C’est vrai quoi? Tu couches avec cette fille »?
- « Oui, avoue-t-il en s’allongeant à demi, appuyé sur son avant-bras ».
Très exactement comme l’aurait fait Monsieur et Madame Kouamé, lors d’une crise de jalousie…Une scène normale pour un couple normal, mais trop banale pour être racontée publiquement, jusqu’à atterrir dans les médias.

C’est du moins ce que pensent certaines personnes, et non des moindres. Les critiques les plus sévères sur l’ouvrage de Valérie Trierweiler viennent en effet de ses propres confrères, journalistes et hommes de médias.

Pour Audrey Pulvar, journaliste, chroniqueuse et ex-compagne de l’ex-ministre Arnaud Montbourg, l’ex-première dame «a eu tort» de publier son livre « maintenant ». Elle s’explique : «je n'aurais jamais écrit un livre comme celui-là! Elle a eu tort de le faire maintenant. Si elle voulait échapper à l'accusation d'avoir écrit ce livre dans le but de nuire et de gagner de l'argent, il fallait attendre que François Hollande ne soit plus au pouvoir ».

Audrey Pulvar trouve néanmoins une excuse à ce qu’elle voit comme une maladresse. «J'ai de la compassion pour cette femme, car elle a beaucoup souffert, elle n'était pas préparée à être première dame, à cette surexposition brutale», dit-elle dans un entretien publié dimanche par un confrère.

Le jour d’avant, samedi, le célèbre animateur Laurent Ruquier, s’était montré également acerbe contre ce livre. Dans un entretien télévisé diffusé par Canal+, il a conclu son analyse de la sortie du livre de Valérie Trierweiler par les mots suivants : « ou elle est méchante, ou elle est folle, ou elle est bête ». Au passage, il s’est dit convaincu que c’est un coup « politique » contre François Hollande.

Vrai ou faux ? Qu’elle l’ait voulu ou pas, ces récits qui ne sont que ceux d’une vie « normale » ne manquent pas de nuire à un homme qui est président de la République. Jeudi, la côte de popularité de François Hollande n’était que de 13%, selon un sondage. En d’autres termes, 87% des Français ne l’aiment pas (politiquement). Dimanche, un autre sondage a indiqué que 85% des Français souhaitent qu’il ne soit même pas candidat à la prochaine présidentielle. C’est comme si toute la France lui déniait même le droit d’être à nouveau candidat.

Face à tous ces chiffres, le président tente de reprendre la main. « Aucun sondage n'interrompra le mandat que m'a donné le peuple pour cinq ans, a déclaré François Hollande, assurant qu'il agirait « jusqu'au bout ». Mieux, il a ajouté : « mon devoir, c'est de ne pas céder à je ne sais quelle pression..., c'est de régler les grandes questions qui sont posées à la France, et je ne me départirai pas de ce qu'est ma responsabilité, je ne dévierai pas de cette règle de conduite ». Histoire de faire comprendre à tous, certainement, que ce qui lui arrive, c’est « normal ». Dans la vie, il y a des bas et des hauts…ou si vous voulez, des hauts et des bas. Jusqu’en 2017, les sondages ont donc le temps d’être le contraire de « ce moment », c’est-à-dire les meilleurs de la Ve république.

En attendant, Valérie pulvérise les records de vente. Même si certains libraires n’ont pas voulu accepter « Merci pour ce moment » dans leurs rayons. Expliquant qu’ils n’ont pas pour « vocation à être la poubelle de  Trierweiler et Hollande ».

Bonne semaine à toutes et à tous !

Barthélemy KOUAME
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