Menu
RSS

Côte d´Ivoire:Le débrief: ASEC, la faillite ?

Côte d´Ivoire:Le débrief: ASEC, la faillite ? fratmat.info

 

Depuis au moins trois ans, l’Asec a disparu. Avec son éternel rival (dans le malheur), l’Africa. On aura l’occasion de parler de celui-là. Désormais, on ne parle que de San Pedro, la ville portuaire jadis laminée.

 

Samedi, l’Asec Mimosas a enregistré une énième défaite. Dans la maison Jaune et Noire, ce genre d’issue de match ne se compte plus. Devant San Pedro, les poulains de Me Roger Ouégnin n’ont compté que pour du beurre. En regardant le score (0-2). D’aucuns rétorqueront, comme l’a dit l’entraîneur (parlant de la première mi-temps), que l’Asec a bien joué mais qu’elle a manqué de chance. Mais que dire quand la même personne te frappe depuis trois ans. On ne parle plus de chance. « Il a les moyens de te frapper, c’est tout ! ». N’est-ce pas que « la vérité rougit les yeux mais ne les crève pas » !

Depuis au moins trois ans, l’Asec a disparu. Avec son éternel rival (dans le malheur), l’Africa. On aura l’occasion de parler de celui-là. Désormais, on ne parle que de San Pedro, la ville portuaire jadis dominée. Comme lors de la finale de la Coupe nationale en août 1999 (5-0). Eh oui, c’est un lointain souvenir. Aujourd’hui, le patron, c’est bien San Pedro. Pour des observateurs, ce n’est pas San Pedro qui s’est hissé au niveau de l’Asec. C’est plutôt l’Asec qui est tombé. Bien sûr que cela n’enlève rien au mérite des portuaires, estiment-ils.

En écoutant les propos des entraineurs des deux équipes, samedi après la finale de la Super Coupe Houphouët-Boigny, on est tenté de croire que c’est effectivement l’Asec qui est tombé. En effet, le coach de l’Asec affirme que l’adversaire est déjà « en place » et que, lui, tente maintenant de construire une équipe. Et l’autre de dire presque la même chose, mais à l’inverse. Ça parait surréaliste, quand on connait le palmarès des deux équipes. D’ailleurs, le coach de San Pedro reconnait qu’il a un « retard » à rattraper au niveau des titres et trophées. Et s’il devait effectivement rattraper ce retard, ce n’est pas demain que l’Asec se réveillera.

Cela signifierait également que le football ivoirien en général n’est pas prêt de retrouver les moments très festifs auquel il a donné lieu dans le passé. Selon nos observateurs, le Séwé gagne mais ne remplit aucun stade. Le Séwé n’a pas la foule de supporters que l’Asec drainait à ses moments de gloire.

Le Séwé n’a ni les sponsors, ni le budget de l’Asec. Le Séwé n’a pas les installations sportives de l’Asec (terrain ultra-moderne, hôtel, salle de gym, piscine,…). Aujourd’hui, malgré la médiatisation accrue des rencontres (plus de direct à la télé, même depuis l’intérieur du pays), celles-ci n’entrainent aucune effervescence. C’est dans l’anonymat presque total que tout se passe. Tout cela, parce que l’Asec est « tombé », pensent nos observateurs.

Ailleurs, sur le continent africain, on a encore des stades pleins comme un œuf, quand des équipes locales jouent. En championnat comme en compétitions continentales, font remarquer encore nos observateurs. Pour dire que quelque chose s’est cassé ici, et qu’il faut d’abord regarder du côté du club « le plus populaire du pays », l’Asec Mimosas. Alors, qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Est-ce la politique menée par Me Roger Ouégnin ? Dans ce cas, on peut croire en effet qu’en révolutionnant tout, à partir du 19 novembre 1989 (date de son arrivée), le Président du Conseil d’Administration de l’Asec a réussi à mettre en place des infrastructures mais il a échoué à maintenir la flamme de la popularité avec le temps. Qu’est-ce qu’il aurait pu faire à ce niveau ? Pas de réponse ! Pour le moment.

Le constat est que ni les titres et trophées qu’il a glanés depuis tout ce temps, ni les infrastructures qu’il a construites n’ont rendu le club plus populaire. Bien au contraire, les titres et les trophées sont aux oubliettes et certains actifs immobiliers risquent d’échapper au club aujourd’hui, si on s’en tient aux récentes informations annonçant la « vente » d’une partie de Sol Béni, le complexe sportif, pour faire face aux charges.

C’est logique. Moins, vous avez des supporters, moins, vous avez des cotisations, alors qu’au même moment, les sponsors sont moins nombreux ou moins prestigieux. Dans tous les cas, ceux qui vous sponsorisent vous paient moins. Encore moins quand le résultat n’est pas au rendez-vous. Ça doit être le schéma dans lequel vit l’Asec aujourd’hui.

Au moment où le football mondial se conjugue avec foule et business, spectacles et shows télévisés, le nôtre se cherche. Tiré certainement vers le bas par un Asec presqu’en faillite. Et dire qu’au plan mondial, parmi les meilleurs qui soulèvent les foules les plus hystériques, ces dernières années, on compte des anciens de l’Asec, fabriqués par l’« usine » de Me Roger Ouégnin ! La désignation de Yaya Touré parmi les 100 meilleurs joueurs de la Première league anglaise, au cours de ces 28 dernières années, en fait foi.

Bonne semaine à toutes et à tous !

Barthélemy KOUAME
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Retour en haut