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Obligée de me prostituer

De son vivant, mon mari était quelqu’un de généreux et c’est ce qui m’a sauvé. De son vivant, mon mari était quelqu’un de généreux et c’est ce qui m’a sauvé. source: topvisages.net

 

Je suis une mère célibataire. J’ai un fils. Son père est décédé et je vis désormais seule.Plusieurs circonstances ont fait que je n’ai plus envie de me remettre avec un homme. C’est d’ailleurs ce qui m’emmène à raconter cette partie de ma vie.

Avec mon mari, j’ai passé une vie agréable. Surtout notre amour s’est affermi avec la naissance de notre enfant en 2006. Mais cette joie a été de courte durée. Parce que 2 ans après la naissance du gosse, son père est tombé malade. Malgré les traitements, son état ne s’améliorait pas beaucoup. Ça allait quelque temps. Et puis, il rechutait. Les traitements que nous avons faits n’arrivaient pas à le guérir. On a essayé aussi la médecine traditionnelle, sans résultat tangible. Mon mari était devenu pâle. Il avait dépéri et perdu ses cheveux. Et un jour, il a fini par rendre l’âme. Je suis restée seule, avec notre enfant, à peine âgé de deux ans. Ça a été très dur à supporter pour moi.

Heureusement, ma belle-famille m’a beaucoup soutenu dans cette épreuve. Avec sa modeste pension de retraite, mon beau-père s’occupait de mon fils. Je n’avais pas d’emploi. Et le fait de vivre aux crochets de mes beaux parents me gênait beaucoup. Par pudeur, j’essayais de ne pas trop dépendre d’eux. Des amis de mon mari et des connaissances me venaient en aide.

De son vivant, mon mari était quelqu’un de généreux et c’est ce qui m’a sauvé.

’une des mes chances aussi, c’est que je ne payais pas de loyer. On vivait dans une des maisons appartenant au père de mon mari. Pour me nourrir, m’habiller, me prendre en charge et tout le reste, je devais donc le faire moi-même. Mais comme on dit, un malheur n’arrive jamais seul. Mon beau-père est décédé environ un an après la disparition de son fils (mon mari). Ce qui a ajouté à mon désarroi.

Parmi mes amies, il y avait une que je fréquentais, car on s’entendait très bien. Elle me rendait beaucoup de services. Un moment donné, elle aussi commençait à avoir des problèmes de santé. Elle m’a fait appel un jour et quand je suis arrivée, je l’ai trouvée en larmes. Etonnée, puisque je ne comprenais pas ce qui lui était arrivé, je me suis mise à lui poser des questions. C’est là qu’elle m’a fait la révélation la plus terrible à laquelle je pouvais m’attendre. D’abord, elle me fait asseoir et après un petit moment d’hésitation, elle me tend un papier. C’était un certificat d’analyses médicales au nom de mon mari. Je me suis demandée comment il avait atterrit entre les mains de mon amie. En lisant le papier, j’ai eu l’impression que mon cœur allait s’arrêter. Il était mentionné que mon mari était séropositif. L’analyse avait été faite de son vivant. Ma copine m’a expliqué qu’elle avait découvert ce papier dans les affaires de mon mari. Je l’ai regardée. Je ne comprenais toujours rien.

Voici ce que j’apprends de ma propre copine. Mon mari et elle avaient une relation extra conjugale, jusque-là tenue sécrète. C’est lorsqu’il est tombé malade que mon mari a fait ses analyses et découvert sa sérologie. Mais il n’en a parlé à personne, ni à moi, ni à mon amie. Ce n’est qu’après son décès que celle-ci a fait la terrible découverte. Inquiète, elle aussi a fait son test et a alors appris qu’elle est séropositive. Prise de remords, elle avait donc décidé de me révéler ce secret. J’ai reçu la révélation comme un véritable coup de massue. Je me suis effondrée. Mon amie ne faisait que me supplier pour tout ce qu’elle m’avait fait. Je n’ai pas pu prononcer un seul mot, tant j’étais dépassée. La seule chose qui me préoccupait, c’était mon fils : était-il sain, ou contaminé lui aussi par la faute de ces adultes inconscients ? Malgré la souffrance et la douleur que j’ai endurées, je n’en ai pas parlé à ma belle-mère. Je ne voulais pas la faire souffrir elle aussi. J’ai gardé ça dans le cœur. Et chaque nuit, je pleurais sur mon sort en priant Dieu. Pour en avoir le cœur net, j’ai décidé finalement de faire mon test. Je n’en pouvais plus de vivre dans l’angoisse et le doute. J’ai emmené mon fils également. Nos résultats ont été différents. J’ai été déclarée séropositive, mais lui était sain. Malgré la gravité de mon cas, j’étais très heureuse et soulagée pour mon fils. Je me disais que pour moi, ce n’est pas grave.

Dès lors, je me débrouillais du mieux que je pouvais pour assurer mon traitement, puisque je n’avais pas de prise en charge. Je ne savais pas non plus à qui parler de ce sujet délicat. N’ayant aucun emploi et aucun moyen, j’avais de plus en plus de mal à supporter les frais des médicaments. Finalement, je n’ai eu recours qu’à une solution radicale, c’est-à-dire me prostituer. Je me suis dit en fin de compte, que c’était ça la solution, en attendant que Dieu se penche sur mon cas. Je n’avais pas le choix. Il fallait que je survive. Pour mon fils. Je ne voulais pas le quitter tôt, même si je sais que tôt ou tard, cela va arriver.

J’ai fait ça durant 4 ou 5 mois. C’était difficile, infernal. Avec cet argent, j’arrivais à payer des médicaments. Heureusement, le médecin qui me suivait m’a mise en contact avec une ONG de lutte et de prévention contre le Sida. Voici comment j’ai été sauvée de la prostitution. Je ne voyais pas d’autre issue à ma vie. Au moment où je faisais cette pratique, je ne réfléchissais pas, je ne cherchais pas à comprendre. J’étais désespérée, résignée. Et si je suis aujourd’hui encore en vie, je le dois en partie au médecin qui m’a beaucoup soutenue à travers ses conseils durant cette période. Et je prie Dieu pour qu’il le garde longtemps, et qu’Il bénisse aussi ses enfants.

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