Santé : Des aliments vendus devant la morgue de l'hôpital d'Abobo Sud

Les alentours de l'hôpital général d'Abobo Sudressemblent à tout sauf à ceux d'un établissement sanitaire. N'eût-été la présence de l'enseigne, vu de loin, l'hôpital en question donne l'allure d'un centre commercial,à cause de la présence de nombreux vendeurs ambulants qui squattent les alentours pour commercialiser leurs produits.

Certains ne se gênent pour s'installer non loin de l'entrée principale. La plupart sont assis sur des tabourets. D'autres à même le sol sur des morceaux de pagnes derrière leurs étals. Ils passent le clair de leur temps à crier dans tous les sens pour héler les clients.

D'autres encore sont debout, parfois sous le chaud soleil, avec leurs marchandises,en attente de clients.

Plus grave, certains de ces vendeurs prennent le risque de s'asseoir devant la petite morgue de l'hôpital (située sur le flanc gauche quand on sort de l'hôpital), très souvent avec des produits alimentaires. « Les personnes qui vendent à cet endroit ne savent pas qu'elles s'exposent à des maladies à cause des produits utilisés pour la conservation des corps. Les produits alimentaires qui y sont commercialisés sont également exposés », révèle sous le couvert de l'anonymat un agent de santé de l'hôpital.

Dame Juliette N'Guessan, ménagère vivant non loin de la Mairie d'Abobo, déclare à cet effet : « Je n'ai jamais pris le risque d'acheter des marchandises à cet endroit, encore moins autour de l'hôpital. Je tiens à ma vie ».
La bonne marche des activités de l'hôpital est également gênée par la présence de taxis communaux, qui ont occupé une partie de l'entrée principale pour en faire une gare.

En effet, des taxis communaux et des minicars communément appelés gbakas desservant, entre autres, les quartiers d'Abobo-Baoulé, Belleville, Djibi, Akeikoi, y stationnent. Certains de ces transporteurs y chargent leurs véhicules. Les incessants déplacements de ces moyens de transport perturbent fortement l'accès à l'hôpital aussi bien pour les malades que pour les automobilistes qui s'y rendent. Sans compter les cris à haute voix que les gnambros ou auxiliaires de syndicat émettent pour appeler les clients qui veulent emprunter leurs véhicules.

Les coups de klaxons y sont également aussi monnaie courante, stressant du coup aussi bien les malades qui se trouvent au sein de l'hôpital que les passants.
Un passant rencontré lors de notre passage n'a pas hésité à confier que « les jours de fête, l'hôpital et le marché sont confondus ».

Selon des sources proches de l'hôpital, qui ont requis l'anonymat, toutes les démarches administratives ont été menées en vue de dégager les commerçants ambulants et les transporteurs des alentours, mais elles se sont soldées par des échecs.

Au nombre de ces actions, l'envoi de courrier et autres.

Ces mêmes sources indiquent que la voie (située du côté gauche quand on sort de l'hôpital), que l'ambulance peut emprunter au cas où l'autre est bouchée est totalement assiégée par les commerçants ambulants.

Il est arrivé, par ailleurs, selon une autre source, que des responsables de l'hôpital aient arrachés des marchandises de commerçants ambulants qui se rapprochent trop de l'entrée principale. Ces derniers, à l'en croire, viennent pleurnicher pour récupérer leurs marchandises, promettant qu'ils s'en iront.

Mais chaque jour, il y a toujours certains qui trouvent le moyen de se rapprocher de l'entrée principale.

Jeremy Junior
Lebanco.net