Manu Dibango:Tristesse-le meilleur saxophone africain est décédé

Âgé de 86 ans, Manu Dibango avait contracté le coronavirus. C’est la famille du légendaire saxophoniste camerounais, figure emblématique de la scène musicale africaine, qui a annoncé la nouvelle.

« Chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… » Dans un court message publié sur les réseaux sociaux, la famille de la légende camerounaise du jazz a annoncé le décès du musicien. « C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans, des suites du Covid-19 », lit-on dans ce texte.

Confinement oblige, les obsèques de l’artiste auront lieu « dans la stricte intimité familiale », mais « un hommage lui sera rendu ultérieurement dès que possible », précisent les proches de Manu Dibango, qui incitent les fans à adresser leurs condoléances et messages sur une adresse mail dédiée : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Manu Dibango avait été hospitalisé plusieurs jours, récemment, après avoir montré des signes de coronavirus. Les tests se ont révélés positifs au Covid-19, mais les proches de l’artiste affirmaient, il y a quelques jours encore, que l’artiste se reposait et « récupérait dans la sérénité ».

« Il se réjouit d’avance de vous retrouver prochainement et vous demande, en cette période troublée que nous traversons tous, de bien prendre soin de vous », concluait le communiqué.

En octobre dernier, cette grande figure de la musique africaine était revenu pour Jeune Afrique sur plus de soixante ans d’une carrière intense et exceptionnelle. Alors qu’il venait de terminer une grande tournée afro-européenne, il avait alors affirmé avoir de nombreux projets en tête.

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« Je veux faire quelque chose avec rien que des instruments africains… J’ai déjà rencontré un jeune homme, Adama Bilorou, qui joue du balafon chromatique et avec qui j’ai envie de mener ce projet. Je souhaite aussi reprendre des standards africains avec un joueur de tam-tam camerounais initié à la transmission de messages… Et un enregistrement audiovisuel du “safari symphonique” doit aussi être réalisé », avait-il alors confié.

Source : De: jeuneafrique.com

Hospitalisé depuis plusieurs jours, après avoir été contrôlé positif au coronavirus, Manu Dibango, 86 ans, saxophoniste camerounais et légende de l’afro-jazz est décédé.

La vie de Manu Dibango a été entièrement consacrée à la musique. Il s'est fait connaitre avec un tube planétaire, quelques accords au saxophone et un refrain entêtant, en 1972, Soul Makossa entre dans la légende. Étonnant destin pour cette face B d'un 45 tours, dont le titre phare était un hymne pour l'équipe de foot du Cameroun à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations. Repéré par des DJ new-yorkais, le titre fera la conquête des États-Unis et connaitra mille vies. Manu Dibango accusera même Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l'album « Thriller » avant qu'un accord financier soit trouvé.

Manu Dibango était né au Cameroun en 1933. C'est dans la chorale du temple, où sa mère est professeur, qu'il s'initie au chant, tandis que le gramophone parental lui fait découvrir les musiques françaises, américaines et cubaines, importées par les marins débarquant dans le port de Douala. Il a 15 ans quand son père l'envoie étudier en France, trois semaines de bateau pour arriver jusqu'au port de Marseille avec, comme il le raconte dans sa biographie, 3 kg de café dans son sac, une denrée rare dans la France de l'après-guerre, de quoi payer un mois de pension.

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Inventeur avant l'heure de la world musique

Le jazz entre alors dans la vie de Manu Dibango il n'en sortira plus, le saxophone devient son instrument fétiche. Il rencontre le musicien Francis Bebey, Camerounais comme lui, forme un groupe, il se produit dans des clubs et rate son bac. Son père lui coupe les vivres. Direction la Belgique où son jazz s'africanise au contact de la communauté congolaise en pleine effervescence. Le Congo belge devient indépendant en 1960. Manu Dibango part pour Léopoldville, il dirige un club et lance le twist.

Au début des années 1960, son pays le Cameroun est en guerre civile, il rentre en France, il découvre le rythm and blues, des stars françaises de l'époque comme Dick Rivers ou Nino Ferrer l'engagent comme musicien. Dans les années 90, Manu Dibango enregistre un album de reprises des plus grands tubes africains Wakaafrika, un voyage de Dakar à Cape Town.

Youssou N'Dour, Salif Keita, Angélique Kidjo, Peter Gabriel y participent.

Suivront beaucoup d'autres albums pour cet inventeur avant l'heure de la world musique.

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Source : De: rfi.fr/fr