Osaka et sa force mentale : "Je me suis dit que je ne pouvais pas agir de façon immature"

OPEN D'AUSTRALIE - Naomi Osaka a confirmé ses ressources mentales d'exception lors de sa deuxième finalee Gr dand Cheem remportée. Pour venir à bout de Petra Kvitova 7-6 (7/2), 5-7, 6-4, la Japonaise a affiché une capacité impressionnante à gérer ses émotions. La nouvelle reine du tennis féminin a toutes les armes pour se maintenir au plus niveau pendant des années.

Des pleurs de rage, puis de joie. Les finales en Grand Chelem de Naomi Osaka offrent décidément toujours des scénarios riches en émotion. Certes, elle n'en a joué que deux. Mais ce ne sont pas deux finales parmi tant d'autres. Rappelez-vous, son sacre à l'US Open avait été perturbé par le psychodrame Serena Williams, qui avait perdu ses nerfs pour un premier avertissement pour "coaching". Sa deuxième finale à l'Open d'Australie a accouché d'un nouveau match mémorable. Avec un scénario en forme de montagnes russes émotionnelles pour la jeune Japonaise, qui en a profité pour démontrer sa force mentale d'exception.

Le rendez-vous de samedi sur la Rod Laver Arena a une nouvelle fois rappelé l'importance du côté cérébral dans ce sport. La beauté du tennis réside souvent dans le fait que les points n'ont pas la même valeur. Un match peut ainsi tourner à tout moment. Pour être un grand champion, il faut savoir maîtriser cette donnée. Et donc ses nerfs. Après cette finale à Melbourne, il est encore un peu plus évident que Naomi Osaka possède bien toutes les armes pour en être une. Notamment sur le plan psychologique.

" Je me suis senti un peu comme un robot"

Pour décrocher son deuxième sacre en Grand Chelem à 21 ans, la joueuse nippone a su gérer ses moments de doute, ses failles. Et surtout se ressaisir quand elle a semblé perdre le contrôle. Ça a été flagrant à deux reprises. Au début du deuxième set quand elle était menée 2-0 et 30-0, on l'a vu s'agacer avant de se remobiliser. Puis à la fin de cette manche, elle a complétement craqué. Après avoir eu trois balles de match sur le service de Kvitova, à 5-3, elle s'est écroulée pour lâcher le set avant de s'échapper aux vestiaires, quelques larmes sur la joue.

L'important est cependant ailleurs. L'important, c'est qu'elle a su se ressaisir dès le début du dernier acte pour reprendre le contrôle du match. Qu'importe les larmes ou les doutes, cela peut arriver. Le plus impressionnant est bien de s'en sortir après avoir vécu ce genre d'émotions dans une finale. "Bien sûr, j'étais très déçue et triste quand j'ai eu ces trois balles de match. Puis je me suis dit que je ne pouvais pas agir de façon immature, que j'étais en finale de Grand Chelem", a raconté Osaka, qui a ajouté sur le troisième set où il est apparu visage fermé : "J'ai littéralement essayé de bloquer mes sentiments. Je me suis senti un peu comme un robot. J'exécutais juste mes ordres. Je n'ai pas perdu d'énergie à trop réagir"'.

" Je me concentre sur le tennis "

Ce n'est pas forcément nouveau. En plus de son jeu séduisant tourné vers l'attaque grâce à sa capacité d'accélération en coup droit et sa qualité de frappe, Naomi Osaka est réputée pour sa force de caractère depuis le début de sa courte carrière. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle parvient à se sublimer dans les grands rendez-vous. La Japonaise avait ainsi déjà démontré une force mentale bluffante pour une joueuse de son âge il y a quatre mois à l'US Open où elle avait été cherchée son premier titre en Majeur face à son idole, Serena. Mais cette fois, elle a encore passé un cap.

Si elle a avoué avoir été "très nerveuse avant cette finale", la Japonaise, qui compte trois tournois à son palmarès - dont deux en Grand Chelem ! - a su confirmer. Gérer ses failles mentales. S'affirmer même pour devenir la nouvelle patronne du tennis mondial. "Je me concentre sur le tennis. Quand je joue un match, tout le reste sort de mon esprit. Un Grand Chelem est quelque chose dont vous rêvez quand vous êtes un enfant. Je ne veux pas gaspiller ces opportunités", glisse-t-elle encore en tout simplicité.

Et si elle est devenue la troisième joueuse depuis quinze ans, hors Serena Williams, à rafler deux tournois majeurs consécutifs après Kim Clijsters (2010-2011) et Justine Hénin (2003-2004), Osaka ne semble pas partie pour être perturbée par son nouveau statut de reine de la planète tennis. "Peut-être qu'au prochain tournoi, je vais ressentir quelque chose si je vois le numéro 1 à côté de mon nom. Mais pour le moment, je suis plus contente d'avoir gagné ce trophée", a-t-elle résumé. Encore une fois toute en gestion de ses émotions.

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